vers une usine à bois...
L'ONF, QUE PERSONNE NE SEMBLE VOULOIR ARRÊTER, EST-IL EN TRAIN D'EN FINIR AVEC LA FORÊT DE FONTAINEBLEAU ?

Troncs après abattage Si tel est le cas, ses ingénieurs y travailleront avec assiduité puisqu'ils sont intéressés financièrement à ce genre d'opération...
Hier encore, la forêt de Fontainebleau était considérée comme l'une des plus belles et des plus diversifiées d'Europe. Demain, grâce aux méthodes ultraproductivistes de l'ONF, elle sera probablement aussi laide qu'artificielle. Hormis une poignée de parcelles classées en réserves biologiques et quelques massifs qu'une réputation internationale protègent indirectement, cet écosystème riche de 5700 espèces végétales et de 6600 espèces animales (chiffres vieux de 5 ans) se transformera à terme en une immense plantation standardisée ; égaillée, il est vrai, par les massifs précités et quelques rideaux d'arbres qui serviront de leurres. Un randonneur attentif ne peut manquer de remarquer que l'ouvrage est déjà bien avancé. Quantité de parcelles ont été littéralement vidées de leurs arbres du fait des coupes claires qu'elles ont subi. D'autres ont été replantées en futaies régulières avec des arbres identiques et alignés au garde à vous, puis quadrillées de larges chemins conçus pour permettre un accès optimal aux engins d'extermination industrielle. Sont-ce des résineux ou des feuillus ? Le problème ne se pose théoriquement plus puisque l'ONF a décidé de revoir sa copie en privilégiant des essences adaptées aux écotypes locaux. Il était temps puisque la moitié de cette forêt est déjà composée de résineux. Mais à quoi bon choisir des feuillus si c'est pour les replanter au cordeau et obtenir des parcelles uniformisées et débarrassées de tout ce qui évoque l'abandon et la mort : bois en décomposition, troncs creux, "mauvaises herbes", broussailles, lichens, ronces, lierres... "Un arbre tout les 7 mètres et rien au sol..." disait, il y a déjà longtemps, François Terrasson. Rien au sol si ce n'est les ornières dues au va et vient des engins monstrueux que l'ONF emploie pour sa sale besogne.
A l'heure où nous rédigeons ces lignes, de nombreux abattages sont en cours ou se préparent. Des centaines d'arbres sont marqués et attendent leurs tours. Des parcelles et des chemins sont défigurés par le passage répété des engins surdimensionnés. L'Ordure Nationale des Forêts fait ce qu'elle veut et si rien ne l'arrête, nous n'irons plus au bois mais au désert... A vous de voir.
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