NIETZSCHE : UN PIONNIER…
ZARATHOUSTRA NE PARLAIT PAS POUR NE RIEN DIRE…

Portrait de Nietzsche « Vous avez fait le chemin du ver de terre à l'homme et il y a encore beaucoup du ver de terre en vous. Jadis vous étiez singe, et encore maintenant l'homme est plus singe que n'importe quel singe.
« Mais parmi vous le plus sage n'est qu'un conflit et un hybride de plante et de spectre. Mais vous ai-je ordonné de devenir spectre ou plante ?
« Voyez, je vous enseigne le surhomme !
« Le surhomme est le sens de la terre. Que votre volonté dise que le surhomme soit le sens de la terre !
« Je vous en conjure, mes frères, restez fidèles à la terre et ne croyez pas ceux qui vous parlent d'espérances supraterrestres! Ce sont des empoisonneurs, qu'ils le sachent ou non.
« Ce sont des gens qui méprisent la vie, ce sont des agonisants, eux-mêmes intoxiqués, dont la terre est lasse : qu'ils disparaissent donc !
« Jadis l'outrage envers Dieu était l'outrage le plus grand, mais Dieu est mort, et avec lui sont morts aussi ses outrageurs. Faire outrage à la terre est maintenant ce qu'il y a de plus redoutable, comme d'accorder plus d'attention aux entrailles de l'insondable qu'au sens de la terre !
« Jadis l'âme considérait le corps avec mépris : et en ce temps-là ce mépris était ce qu'il y avait de plus haut - elle le voulait maigre, affreux, affamé. Elle pensait ainsi lui échapper, ainsi qu'à la terre.
« Oh cette âme était elle-même encore maigre, affreuse et affamée : et la cruauté faisait toute sa volupté !
« Mais vous-mêmes, mes frères, dites-moi qu'est-ce que votre corps révèle sur votre âme ? Votre âme n'est-elle pas pauvreté, saleté et piteux bien-être ?
« En vérité, c'est un fleuve sale que l'homme. Il n'y a qu'une mer pour pouvoir absorber sans se souiller un fleuve sale.
« Voyez, je vous enseigne le surhomme c'est lui cette mer dans laquelle votre grand mépris peut se perdre.


F. Nietzsche. Le prologue de Zarathoustra.
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