LA FAIM JUSTIFIE LES MOYENS.
FRANCIS HALLE NOUS EXPOSE UNE HYPOTHÈSE QUI NE LAISSERA PERSONNE SUR SA FAIM…

Une tortue " Nous autres humains, si imbus de notre supériorité sur l'ensemble des êtres vivants, croyons-nous pouvoir survivre à la disparition des plantes au niveau mondial ? Combien de temps tiendrions-nous ? Quelques semaines ou plutôt quelques jours ? Ne nous leurrons pas ; privé des plantes, l'être humain disparaîtrait rapidement, comme tous les animaux. Ces choses-là doivent être redites, notre vanité dût-elle en souffrir. L'être humain a sur les êtres vivants qui l'entourent un pouvoir qu'il juge lui-même excessif; en attendant qu'un contre pouvoir se manifeste, ne perdons pas de vue que l'homme, malgré les prouesses technologiques dont il est si fier, est totalement incapable de fabriquer un brin d'herbe ou un puceron.
Privés de plantes, donc, tous les animaux disparaîtraient. Presque tous, devrais-je dire, car certaines espèces animales s'en tireraient mieux que la nôtre: celles qui, dans les grandes profondeurs sous-marines, et grâce aux bactéries, savent utiliser une autre énergie que celle qui provient de la lumière solaire. Supprimons les plantes et bientôt nous n'aurons plus que quelques obscurs mollusques, quelques vers disgracieux, groupés autour de ces petits volcans des abysses que l'on nomme les fumeurs noirs... J'ai à cœur, enfin, de réparer une injustice; car cette vision d'une faune privée de flore a un précédent historique plutôt fâcheux. "


Francis Hallé. Eloge de la plante.
Francis Hallé © 1999 - cet extrait du livre n'appartient pas au domaine public sauf avis contraire de son auteur.