la Forêt de Brocéliande.
FORÊT MYTHIQUE, CERTES... MAIS AUSSI FORÊT D'EXPLOITATION. ET À CE TITRE, L'ENRÉSINEMENT Y FUT INTENSE...

Un Elfe Quoi de plus "anthropisée" que la Forêt de Brocéliande ? Parcourue par un quadrillage parfaitement linéaire de routes forestières - certes rarement bitumées - cette forêt ne ressemble guère aujourd'hui à ce qu'elle fut du temps des chevaliers de la Table ronde. Elle est le modèle même des pratiques sylvicoles que les naturalistes abominent par dessus tout : plantées de Pins au 2/3, sinon au 3/4, on recherchera en vain la forêt profonde et enchantée des légendes arthuriennes.
La Forêt de Brocéliande n'est autre que la Forêt de Paimpont, en Ille et Vilaine. En fait, les limites historiques de Brocéliande sont assez imprécises, et si nous remontons dans le temps, nous nous apercevons que la Forêt de Paimpont n'est qu'une infime partie de l'ancienne Brocéliande : celle qui s'étendait au cœur de la péninsule bretonne depuis les temps préhistoriques. De part ses vastes dimensions, cette forêt empêchait tout établissement de quelque importance. De fait, elle est resté longtemps quasi inhabité. Son caractère inaccessible a durablement marqué l'imagination de ses derniers arrivants : les Bretons qui en ont fait le domaine des fées et des enchanteurs. Avant leur arrivée, La forêt dût servir de refuge à une foule de proscrits et sans doute à de nombreux druides. Ces derniers furent en effet pourchassés par les autorités romaines après la défaite de la Confédération armoricaine en 56 avant J.C. et la destruction systématique du peuple Vénète, âme de cette confédération. Il n'est dès lors pas douteux que, pendant très longtemps, Brocéliande est demeurée une terre profondément celtique et païenne, à l'écart de tous les mouvements d'idée et de tous les efforts de romanisation.
Au IVème siècle, La venue des bretons insulaires et du Christianisme allait tout changer. Tout d'abord, ils commencèrent à s'implanter pacifiquement, jusqu'au moment où les Saxons ont envahi l'île de Bretagne, les poussant à fuir massivement leur pays pour venir s'installer dans la péninsule armoricaine. Ils reçurent au passage la bénédiction des Romains qui esperaient probablement les voir peupler et défendre une contrée jusqu'ici dépourvue d'habitants. Ce sont eux qui transformèrent l'Armorique et en firent la Bretagne.
Ce sont les côtes et le bord des rivières que les bretons colonisèrent en premier. En somme, les endroits où la culture et l’élevage étaient relativement aisés. Mais lorsque le territoire agricole en vint à être totalement occupé, il a bien fallu pénétrer plus avant. C'est ainsi que la forêt centrale fut atteinte...
Les grands défrichements du Moyen Age, assortis d'une forte poussée démographique, ont contribué - comme ailleurs en France - à la réduction progressive de la surface forestière initiale. Mais il faut attendre l'Empire pour assister au démembrement et à l'exploitation déraisonnable de qu'il restait de Brocéliande. A cette époque commencèrent également les plantations de résineux qui métamorphosèrent définitivement l'écotype originel.

Vous qui passez par Brocéliande, priez pour elle et ses fées défuntes...
anhuman & jean-marie chantrel © 2001-2006 - cette oeuvre appartient au domaine public. vous pouvez la redistribuer sous réserve de mentionner le nom de ses auteurs.